Un rapport d’analyse des offres doit permettre de comprendre pourquoi une proposition arrive en tête. Il relie les critères de la consultation aux éléments remis par les entreprises, puis aux appréciations et au classement. Pour une collectivité, cette chaîne d’explication aide les services et les décideurs à examiner la recommandation. Cette étape s’inscrit dans la démarche présentée dans notre guide pour préparer un achat public.
1. Distinguer les candidatures et les offres
L’examen des candidatures porte notamment sur les conditions de participation, les capacités et les motifs d’exclusion. L’analyse des offres apprécie les prestations proposées selon les critères d’attribution. Ces deux examens doivent rester identifiables dans le dossier.
Les références générales d’une entreprise ne remplacent pas l’évaluation de sa réponse au besoin. Les qualifications de l’équipe affectée au marché peuvent toutefois relever des critères de l’offre lorsqu’elles influent significativement sur son exécution et que les documents de consultation le prévoient. Pour une consultation de maîtrise d’œuvre, cette préparation rejoint les questions abordées dans notre article sur le choix d’un maître d’œuvre pour un équipement public.
2. Partir des critères annoncés
Reprenez les critères, sous-critères et pondérations ou la hiérarchisation indiqués dans les documents de consultation du marché. La grille d’analyse doit appliquer ces règles de manière cohérente à toutes les offres. Une qualité découverte dans un mémoire ne justifie pas l’ajout d’une nouvelle préférence pendant l’analyse.
La méthode de notation doit respecter la portée des critères et leur poids. Il faut distinguer les règles annoncées aux candidats de la méthode de calcul utilisée pour les mettre en œuvre.
Quel critère environnemental prévoir dans un marché public ?
Pour les consultations engagées ou les avis envoyés à la publication à compter du 21 août 2026, l’article R2152-7 prévoit qu’au moins un critère porte sur les caractéristiques environnementales de l’offre en cas de pluralité de critères. Si l’acheteur retient un critère unique, il doit s’agir d’un coût global intégrant ces caractéristiques ; le prix seul ne suffit plus.
Choisissez un élément lié à l’objet du marché ou à ses conditions d’exécution, puis annoncez les informations et justificatifs nécessaires à son appréciation. Par exemple, les modalités de livraison ou les performances des produits peuvent être examinées lorsqu’elles sont pertinentes pour l’achat. Le rapport applique les règles publiées, sans ajouter un critère après réception des offres.
3. Rattacher chaque appréciation à un constat
Une mention comme « offre satisfaisante » explique peu une note. Précisez ce qui est proposé, où l’information figure et en quoi elle répond aux attentes annoncées. Pour chaque critère, relevez les engagements, les limites et les différences utiles à la comparaison, avec la même exigence de lecture pour tous.
Exemple fictif pour un achat de fournitures : les éléments ci-dessous sont supposés avoir été annoncés dans la consultation. Ils illustrent des colonnes de travail, sans constituer un barème à reprendre automatiquement.
| Élément à apprécier | Référence dans l’offre | Constat factuel | Appréciation à motiver |
|---|---|---|---|
| Organisation des livraisons | Mémoire A, page 6 | Planning et interlocuteur identifiés | Adéquation aux contraintes de livraison demandées |
| Gestion des incidents | Mémoire A, page 8 | Délai de prise en charge annoncé, procédure de suivi décrite | Portée des engagements au regard des attentes publiées |
Complétez cette structure pour chaque offre, puis ajoutez la note ou le résultat prévu par la méthode applicable. Le lecteur doit pouvoir retrouver le lien entre la pièce, le constat, l’appréciation et la note.
4. Comparer le prix ou le coût et expliquer la qualité
Vérifiez que les montants comparés correspondent au périmètre retenu : prestations, quantités et hypothèses de calcul. Lorsque l’analyse repose sur un coût global, appliquez les données et la méthode prévues, sans ajouter après coup de nouvelles dépenses théoriques.
Le rapport expose séparément le résultat financier et les appréciations qualitatives, puis leur combinaison selon les règles du marché. Une formule ne dispense pas de vérifier les calculs et leurs effets. La DAJ rappelle que ses méthodes de notation du prix doivent être choisies en fonction du marché : aucune formule ne convient à toutes les situations.
5. Qualifier les difficultés avant d’arrêter le classement
Face à une offre incomplète, identifiez précisément l’élément manquant et ses conséquences. La régularisation d’une offre irrégulière est une faculté encadrée : elle concerne les soumissionnaires concernés dans des conditions d’égalité, ne peut modifier substantiellement l’offre et ne s’applique pas aux offres anormalement basses. Elle n’est ni systématique ni toujours possible.
Un prix très bas appelle une analyse, sans suffire à conclure au rejet. Si l’offre paraît anormalement basse, l’acheteur demande des précisions et justifications ; il les examine avant de décider. Consignez les demandes, les réponses et les motifs retenus.
Les clarifications, régularisations et négociations répondent à des cadres différents. En appel d’offres, la négociation est interdite. Les échanges autorisés doivent rester traçables et respecter l’égalité de traitement. Notre guide du MAPA et de la négociation en procédure adaptée précise comment préparer cette étape. Le Code de la commande publique sur l’examen des offres précise ces conditions.
6. Présenter une proposition claire aux décideurs
Organisez le rapport pour faire apparaître :
- l’objet du marché, le lot concerné et les documents utilisés ;
- les vérifications effectuées et les motifs d’écartement de certaines offres ;
- les appréciations, les calculs et le classement proposé ;
- les échanges intervenus et les vérifications restant à accomplir.
Le classement proposé prépare la décision de l’autorité compétente de l’acheteur. L’AMO peut contribuer à l’analyse dans son périmètre, avec les compétences techniques nécessaires. Conservez les versions des offres, les grilles datées, les échanges et les validations pour pouvoir reconstituer le raisonnement.
Notre accompagnement AMO en marchés publics peut aider à organiser ce travail. Pour développer la méthode au sein des équipes, consultez également la formation à l’élaboration et à l’exécution d’un marché public.